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Joornal

"J'ai osé mettre des mots sur ma fatigue... mais mes proches ne comprennent pas."

16 mars 2021

T’as qu’à te coucher plus tôt

On est vendredi, les yeux cernés par les nuits courtes avec un fils grognon qui fait ses dents, vous vous imaginez bien que les nuits sont moyennement régénérantes. Mais les dents ce n’est pas là le cœur du souci.

Morganne, maman d'un bébé de 20 mois.

Le souci ce sont les proches qui ne veulent pas comprendre votre état de fatigue. Car oui tu peux être fatiguée mais le dire, le dire est tabou, dangereux, interdit, mal vu. Et cela même avec tes proches !

Ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde, heureusement mais moi, depuis que je suis maman, je sens que je n’ai pas le droit de tout dire. Et de tout révéler. Il faut garder une part de mystère dans ta vie et ne surtout pas montrer un signe de faiblesse. Le risque ? Passer pour une fainéante.

Quand tu es maman, tu sais que tu vas moins dormir, que tu vas devoir affronter un emploi du temps qui en contient plusieurs. Oui, ça existe des emplois du temps dans des emplois du temps. Mais ce que tu ne prévois pas ce sont les remarques de ta famille, de tes proches. Et tu rêves qu’ils te soutiennent, qu'ils t'encouragent. Et parfois, tu désenchantes.

Si tu te plains ils te rappellent que :

  • Eux y sont passés avant toi,
  • Tu n’as qu’à te coucher plus tôt,
  • Tes enfants tu les as voulu,
  • Tu n’as qu’à prendre le temps de manger, tu auras plus d’énergie,
  • Vous n'avez pas la bonne organisation avec ton.ta conjoint.e,
  • Tu n’en a pas terminé, petit enfant petit souci, grand enfant, grand souci,
  • Tu n’as te mettre à mi-temps au boulot,
  • Eux en ont eu 3 de quoi tu te plains,
  • Tu as la chance d’avoir une crèche c’est déjà ça,
  • Tu n’as qu’à arrêter de stresser et angoisser à chaque fois, relativise.

T’as compris ? On s'étonne qu’après les mères n’osent plus rien dire et que la charge mentale et affective les rongent, les abîment. Mais faut-il qu’elles arrivent à bout pour qu’on arrête de les pénaliser de mettre des mots sur leur maux ? Car c'est malheureusement ce qui arrive et quand on a le malheur d'avouer aller voir un psy car on est au bout du rouleau et qu’on a besoin de parler, nouvelle pomme qui tombe sur la tête : “toi t’as besoin d’un psy ?” “T’es maman, pas malade”.

Bien heureusement, il existe plein de personnes bienveillantes sur Terre. Mais il arrive que d’autres ne s’expriment pas comme il faut. Mais toi maman, rappelle-toi, tu es comme tu es, avec tes faiblesses, tes atouts, et tout le monde, oui tout le monde, a le droit de se plaindre, de râler, de pester. Car non se plaindre n’est pas un souci, non se plaindre n’est pas interdit, oui se plaindre peut faire du bien, et oui se plaindre c’est normal.