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La notion de consentement : leur apprendre à dire non quand il faut.

23 août 2021

La notion de consentement : leur apprendre à dire non quand il faut.

Le mot “consentement”, on l’entend beaucoup dans les médias, souvent lié à de grands scandales ou des faits divers. Alors il paraît difficile d’aborder cette notion souvent liée à des histoires sombres. Pourtant, de plus en plus de parents abordent la notion de consentement avec leurs enfants, même avant l’adolescence. Car au-delà des relations sexuelles, le consentement cache des notions essentielles qui sont essentielles à tout âge : la compréhension et l’appropriation de son corps, la (re)connaissance de ses besoins et envies, le respect de soi-même comme des autres… On leur donne la liberté de choisir, tout en gardant sa place de parent qui veille à la santé et la sécurité de l'enfant.

L'apprentissage du consentement chez les enfants commence par la disposition de son corps

Que ce soit dans la salle de bain ou devant l'armoire à vêtements, on laisse nos enfants choisir ce qu'ils veulent mettre sur leur corps. Le parent suggère une autre option seulement si l'enfant ne prend pas en compte un impératif (météo, activité). Cette liberté leur permet de s'interroger sur leurs préférences.

Si votre enfant est en plein dans la "crise des deux ans", les encourager à faire d'eux-mêmes en valorisant leur capacité ou prenant en compte leurs préférences peut répondre à leur besoins de reconnaissance de leur individualité. Par exemple : “je suis sûr-e que tu es capable de te laver les cheveux toi-même”.

Une autre manière de les aider à disposer de leur corps est d'appeler les parties du corps avec leur nom d’anatomie correct, y compris le sexe. Être capable de nommer est un outil qui leur donne du pouvoir. Cela leur facilite en outre l'expression de leurs désirs et besoins, mais aussi de donner (ou non) leur consentement. Car donner son accord implique de comprendre une proposition faite par une autre personne.

Apprendre à dire non mais aussi à offrir de grands oui

Mes enfants savent qu’ils ont le dernier mot sur leur corps. Oui à un bisou, non aux chatouilles dans le cou mais ok sur le ventre… Dans notre famille, les enfants ont le droit de refuser de faire des bisous pour dire bonjour. Mais ils doivent quand même rester poli et dire bonjour avec la main, un câlin, un check… Ils se mettent d'accord avec l'autre personne et ça les rend d’autant plus contents de dire bonjour aux autres ! Il y a comme une complicité qui s'installe...

Ariana, mère de Nami (7 ans), Jin (5 ans) & Afida (2 ans)

On rappelle simplement aux enfants les impératifs du consentement :

  • on a le droit de les toucher quand il s’agit de leur sécurité ou de leur santé. Les parents, la nounou ou toute autre personne qui les garde peut les toucher quand il s’agit du bain, de l’habillage, ou de tenir la main pour marcher dans la rue… Quelques autres adultes aussi peuvent intervenir dans des contextes bien définis. Par exemple, le médecin peut toucher son corps pendant une consultation, mais il a le droit de lui demander de prévenir ou d’expliquer ce qu’il fait.
  • on respecte le droit des autres de ne pas vouloir être touchés non plus.

Plus que l'absence d'un rejet, j'ai envie que mes enfants apprennent à rechercher un consentement heureux et enthousiaste. J'ai envie qu'ils s'amusent et ressentent de la joie, la leur et celle de l'autre. Parce que c'est le but des câlins, des bisous, et des relations sexuelles une fois plus grand : s'épanouir et profiter, ensemble.

Antoine, père de Christelle (4 ans) & Maël (2 ans)

Quelques moyens d’aborder le sujet :

  • Si vous avez un animal de compagne, c'est l'occasion idéale de leur faire comprendre que les autres ne sont pas disponibles à la demande. Et notamment de faire la distinction entre une invitation (ça te dit un câlin ?) et la contrainte (j'ai envie de te faire un câlin donc je te fais un câlin même si tu n'en as pas envie). Et avec un animal, on dépasse l'accord verbal et on s'intéresse au langage corporel, pour vérifier que l'autre a vraiment envie.
  • Sinon, il vous suffit d'une chanson à la radio ou d'un film ou dessin animé pour aborder le sujet, qui ont tendance à romantiser l'amour parfait ou nul n'a besoin de questionner les envies de l'autre (ce qui ne correspond pas à la réalité). Aussi, si ils mettent en scène un personnage qui ne prend pas compte les avis des autres, stoppez le film et questionnez ce passage avec votre enfant. Et n'oubliez pas de souligner les scènes positives. Cela leur permettra d'avoir des références claires et des modèles à suivre.