avril 12, 2017

Il y a les mamans qui sont convaincues de leur choix : elles sont fondamentalement POUR, ou relativement CONTRE. Il y a aussi certaines mamans hésitantes se font un avis au fil de leurs recherches Internet : tantôt en arrivant sur les contenus militants PRO (du type : sites de La Leche League, Lacteo ou autres comptes Instagram) ou sur les témoignages CONTRE, sur les forums ou les blogs.

D’un côté, on prône le bien fondé de l’allaitement sur la santé de l’enfant et de la maman, sur les liens bénéfiques qu’il crée et sur la « normalité » de l’acte. De l’autre côté, on réclame le droit fondamental du papa à s’impliquer dans l’alimentation du bébé, à l’égalité parentale, la libération de la femme, et le simple droit de ne pas en avoir envie. Des arguments qui sont convaincants et justifiés de chaque côté. Alors à quel sein se vouer ? (Littéralement)

couche joone

A titre personnel, je trouve dans l’allaitement un réel état de grâce et d’épanouissement. Il m’a permis d’outrepasser les babyblues, de me retrouver femme après deux accouchements hautement médicalisés, et de comprendre la réelle responsabilité de maman qui m’incombe.

Si j’ai été, je l’avoue, un peu influencée dans mon choix par ma sœur puéricultrice (intarissable sur les bienfaits de cet acte ô combien naturel), rien ni personne ne m’avait alerté sur toutes ces petites choses qui semblent anodines, mais qui peuvent faire totalement inverser la tendance du « j’allaiterai jusque ses 4 ans » au « donnez moi un bib’, viiiitte ! » (et vice versa). Je vais donc briser ce tabou, avec tout mon statut de maman allaitante.

  1. L’allaitement : ça décoiffe.

Les mères allaitantes sont sous l’effet (entre autres) d’ocytocines, dont le rôle dans ce contexte est d’éjecter le lait. Hors, cette hormone a la particularité de générer bien-être et plaisir, et de jouer un rôle anxiolytique. Aussi intense qu’une maxi séance de muscu’ pour un grand sportif ou d’une goulée de Romanée-Conti pour un oenophile. Ne demandez par à une maman pourquoi elle continue d’allaiter : elle est accro.

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2. Votre entourage : votre plus gros obstacle.

En plus des grands-tantes 68ardes engagées dans la libération de la femme, la société entière vous passera en revue. Pédiatres, sages femmes, voisins et réseau Facebook : tout le monde va s’immiscer dans votre vie pour savoir si « vous le nourrissez ? » ou pas. Ils ont tous un avis sur la question : avec ou sans enfants, ayant allaité ou non, soutenus ou non par les laboratoires pharmaceutiques…

Globalement, passé 2 mois à allaiter, vous serez jugée comme une mère possessive qui n’arrive pas à couper le cordon, qui cherche à se prouver quelque chose, ou agit par militantisme. Le FEMEN à côté ? Des petites joueuses. Ou bien si vous n’allaitez pas du tout, vous serez la mère nombiliste qui a fait un enfant par caprice sans en assumer les conséquences. Impossibilité absolue de gagner, donc.

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Je repense à mon pédiatre, aux 3 mois de mon fils «Vous l’allaitez encore ? .. hum… et vous vous êtes fixé quoi comme objectif ? » JE ne ME suis pas fixé d’objectif, Monsieur. C’est lui avant moi. Et un peu les considérations de l’OMS aussi (qui recommande 6 mois d’allaitement exclusif, au passage). Donc NOUS allaiterons tant que mon bébé estimera en avoir envie et que, par mes choix de vie perso et pro, je serai capable d’y répondre.

3. Les nuits : oubliez tout de suite !

Un enfant allaité fait ses nuits tard. Et ce pour trois raisons :

  • L’enfant au sein boit généralement en plus petites quantités, mais plus souvent.
  • Les bébé « humain » digèrent et assimilent mieux le lait “humain” que le lait de vache : ainsi, il se retrouve à avoir faim un peu plus rapidement qu’un enfant biberonné.
  • un bon nombre de parents « biberonneurs » choisissent d’épaissir le lait du soir pour caler Bébé une bonne fois pour toutes : impossible quand on choisit d’allaiter.

En revanche, sachez que donner le sein vous fera aussi produire de l’endorphine, grâce à qui vous dormirez d’un sommeil de plomb entre chaque tétée nocturne.

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4. Fatiguée tu seras

On considère que l’allaitement demande à une maman de 500 à 900kcal par jour. Effectivement, c’est le meilleur allié minceur post-grossesse, mais il faut garder en tête que l’énergie nécessaire à produire tout ce lait va puiser dans les réserves, et fatalement fatiguer la maman. Récemment, une pédiatre m’a dit « l’allaitement, ça fatigue plus que la grossesse, vous savez ! ». Sans aller jusque là, il faut admettre qu’allaiter demande du temps et de l’investissement personnel. Chaque minute passée à allaiter, c’est une minute où vous ne ferez ni ménage, ni repassage, ni vaisselle.

Deux options s’imposent alors :

  • soit votre homme est extraordinaire, vous épaule, et accepte sans broncher de participer aux tâches ménagères.
  • soit vous vous coucherez plus tard pour boucler votre planning. Pendant que l’homme joue à Fifa.
  • Soit vous avez 20 euros et donc vous prenez une femme de ménage.

Au final, l’avantage de devenir maman, c’est qu’on apprend à s’endurcir et à penser par soi-même. Cela passe aussi par s’entourer des personnes qu’il faut, qui marche sur le même chemin que nous.