Déclenchement de l'accouchement : comment ça se passe ?

septembre 25, 2018

Déclenchement accouchement

Le médecin peut être amené à envisager un déclenchement de l’accouchement lorsque le travail ne se met pas en route naturellement ou pour prévenir des complications pour la mère et l’enfant. Une perspective souvent stressante pour les futurs parents, mal informés sur les différentes procédures et le déroulement d’un accouchement déclenché. 

Pourquoi déclencher un accouchement ?

Différentes raisons peuvent pousser le personnel médical à envisager un déclenchement :

Le dépassement de terme : La première échographie permet de dater assez précisément le début de grossesse et de calculer la date présumée du terme. Toutes les maternités n’appliquent pas la même politique mais il arrive que le déclenchement soit proposé dès que le terme est dépassé. Dans d’autres établissements, la future maman sera convoquée une première fois à la date du terme pour un monitoring, une échographie et différents examens qui visent à vérifier que le placenta continue à jouer son rôle et que le liquide amniotique est en quantité suffisante puis elle sera appelée à revenir les jours suivants si le travail ne se déclenche par naturellement. Certaines maternités ne déclenchent l’accouchement qu’à J+5 voire J+7.

Un risque pour la future maman: Problèmes cardiaques, diabète, pré-éclampsie, hypertension etc.

Un danger pour le bébé à naître : Macrosomie (bébé dont le poids estimé est supérieur à la moyenne), anomalies du rythme cardiaque, RCIU (retard de croissance) etc.

Une rupture de la poche des eaux : Si la poche des eaux est rompue, ou même simplement fissurée, un déclenchement est envisagé dans les 12H à 24h si le travail ne se déclenche pas seul afin de se prémunir contre les risques d’infection.

Une grossesse multiple

Le déroulement du déclenchement

Dans un premier temps, le médecin ou la sage-femme fera un examen du col afin de déterminer s’il est ramolli, court, ouvert ou si au contraire, il fait de la résistance ! Il évaluera également la position de la tête du bébé. Ces différents paramètres permettre d’obtenir un résultat au test de Bishop. Si le nombre total de points excède 6, alors le déclenchement peut être envisagé sereinement.

  • Les méthodes mécaniques de déclenchement :

Le décollement des membranes :Cette méthode consiste à décoller manuellement les membranes basses de l’utérus en agissant directement sur le col.  Le médecin pourra également choisir de rompre la poche des eaux, on parle alors d’amniotomie.

La sonde de Folley :  Si le col est favorable, cette méthode consiste à insérer dans le col de l’utérus une sonde constituée d’un petit ballon. Ce dernier est ensuite gonflé afin de dilater le col et de provoquer la mise en travail.  

  • Les procédés médicamenteux 

Le rythme cardiaque du bébé sera surveillé pendant toute la durée du déclenchement afin de contrôler qu'il supporte bien le travail et les contractions. Ces dernières peuvent en effet être plus rapidement intenses que lors d' un accouchement classique. Si le col n'est pas favorable le médecin va commencer par tenter de le faire mûrir et favoriser son ouverture.

Les prostaglandines : Disponibles sous la forme d'un gel ou d'un tampon que l'on va insérer dans le vagin ou sur le col, elles visent à faire mûrir le col. Elles restent en place plusieurs heures et peuvent suffire à déclencher le travail et provoquer l'accouchement. 

La perfusion d'oxytocine : Si les prostaglandines sont sans effet, le médecin passe à l'étape suivante : la perfusion d'ocytoxine. Naturellement présente dans l'organisme sous le nom d'ocytocine, cette hormone de syntèse va stimuler les contractions et induire le travail. La mise en place de la perfusion va généralement de paire avec la pose d'une péridurale.

Il arrive dans de rares cas qu'aucune méthode de déclenchement ne fonctionne pas, une césarienne est alors décidée pour faire naître bébé. 

Le déclenchement de convenance

De nombreuses futures mamans, au moment d’entrer dans le 9 ème mois de grossesse, expriment une grande lassitude. Douleurs, inconfort, kilos en trop, impatience, autant de facteurs qui font parfois du mois qui précède la naissance un véritable cauchemar. La future maman peut alors demander à ce que son accouchement soit déclencher pour ce qu’on appelle « des raisons de convenance », c’est à dire sans motif médical.

Ces déclenchements inhabituels peuvent également avoir lieu en cas d’absence du futur papa à une date précise, de difficulté à faire garder les ainés ou pour une autre raison clairement exprimée au personnel médical. Ces accouchements demeurent néanmoins une exception. Ils répondent également à des critères précis et les futurs parents doivent être préparés à ce que la naissance soit repoussée si toutes les conditions ne sont pas réunies. Il est notamment rare qu’un déclenchement de convenance soit accepté avant 39 SA.

Il arrive également que la proposition vienne de la maternité, souvent pour des raisons d’organisation (manque de personnel ou de lits, absence de l’anesthésiste etc.) Rien n’oblige alors les futurs parents à accepter ce déclenchement s’ils ne le souhaitent pas.

Les conséquences psychologiques du déclenchement

Sentiment d'avoir été dépossédé de leur accouchement, travail interminable, contractions très douloureuses puis finalement péridurale trop dosée et absence de sensations lors de l'expulsion. Parmi les mamans qui ont vécu un déclenchement, nombreuses sont celles qui relatent une expérience qui, si elle s'est relativement bien passée sur le plan physique, les a psychologiquement marqué. Certaines mamans parlent même d'une naissance "volée" et éprouvent un fort sentiment de culpabilité. N'hésitez pas à demander à parler au psychologue de la maternité et à consulter une fois rentrée à la maison si le besoin s'en fait sentir. 

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