Moins de gestes invasifs, plus d'écoute : L'OMS souhaite que les femmes reprennent le contrôle de leur accouchement

mars 01, 2018

Moins de gestes invasifs, plus d'écoute : L'OMS souhaite que les femmes reprennent le contrôle de leur accouchement

Si les progrès de la médecine ont permis de réduire considérablement la survenue de complications liées à l'accouchement, ils ont en revanche eu pour effet une surmédicalisation de la naissance. L’Organisation Mondiale de la Santé a publié le 15 février dernier un rapport dans lequel elle souhaite justement revenir à plus de personnalisation et moins de médicalisation.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à rédiger un projet de naissance et à affirmer leur volonté d’accoucher le plus naturellement possible, sans gestes invasifs et intervention médicale extérieure inutile. Pourtant, entre monitoring constant, péridurale systématique, perfusions d’ocytocine destinées à accélérer le travail ou césarienne pratiquées sans motif réel, la réalité est encore très éloignée des désirs formulés par les futures mamans. Dans le rapport de l’OMS, la D re Princess Nothemba Simelela, Sous Directrice générale de l’OMS, chargée du Groupe Famille, femmes, enfants et adolescents affirme justement que «  la médicalisation croissante des processus d’accouchements normaux diminue les capacités propres des femmes à accoucher et influe négativement sur leur expérience de l’accouchement». Il n’est donc pas seulement question de limiter les actes médicaux inutiles mais aussi de permettre aux femmes de redevenir actrice de la naissance de leur bébé et d’être au cœur des décisions prises pendant la naissance.

Pour une naissance bienveillante

L’OMS a publié une série de 56 recommandations  qui prévoient notamment que la femme «  bénéficie de la compagnie de la personne de son choix pendant le travail et l’accouchement, de soins respectueux, d’une bonne communication avec les prestataires de soins et du maintien de l’intimité et de la confidentialité; et qu’elle soit autorisée à participer aux décisions concernant la prise en charge de la douleur, les positions à adopter pendant le travail et l’accouchement et le besoin naturel de pousser, entre autres. »

Une autre recommandation concerne plus précisément la durée de la naissance et cette convention, très pesante et génératrice de stress pour les femmes, qui affirme que le col de l’utérus doit se dilater d’un cm par heure. Pour l’OMS, tout travail qui ne dure pas plus de 12 heures pour un premier accouchement et 10 heures pour les suivants, n’a aucune raison d’être considéré comme anormal.

Trop de gestes sont encore pratiqués sans le consentement des femmes et elles sont nombreuses à expliquer s’être senties « dépossédées » de la naissance de leur enfant. Des actes médicaux vécus comme de véritables violences et que l’OMS souhaite justement éradiquer : «  Dans beaucoup d’établissements de soins, il arrive que des soins irrespectueux et sans considération pour la dignité de la personne soient dispensés, ce qui représente une violation des droits de l’homme et dissuade les femmes de s’adresser aux services médicaux pendant l’accouchement ».  Des gestes qui interfèrent avec le déroulement normal et naturel de l’accouchement et peuvent avoir des conséquences graves, au-delà de leur évident impact psychologique sur les femmes.

L’OMS rappelle également que 830 femmes meurent encore en couche chaque année à travers le monde. L’organisation précise que «  la majorité de ces décès pourraient être prévenues par des soins de qualité durant la grossesse et l’accouchement ». Des « soins de qualité » qui passent également par une prise en charge individualisée des femmes enceintes et une meilleure écoute.


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