Non, mon mari n’est pas le baby-sitter de nos enfants !

mars 02, 2018

Non, mon mari n’est pas le baby-sitter de nos enfants !

C’est un refrain connu, une chanson douce qui crispe autant qu’elle agace. Mais oui, vous les connaissez ces petites phrases : «  C’est ton mari qui garde le petit ce soir ? Tu as de la chance qu’il joue les baby-sitters ! » ou «  Le papa prend le relais parfois ? »ou, s’adressant à l’héroïque papa : «  Bravo, c’est génial que tu changes les couches ! ».

Alors on va prendre une grande inspiration, se calmer, et tout reprendre depuis le début.

Formidables « nouveaux pères » ? Non, juste des pères !

Pendant très longtemps, les pères ont été absents de la petite-enfance de leurs enfants. Se contentant d’une histoire avant d’aller au lit ou d’un sursaut d’autorité de temps à autres. Nombreux sont les quarantenaires d’aujourd’hui à témoigner de la même réalité : c’est leur mère qui s’occupait d’eux lorsqu’ils étaient petits. Ils ont reproduit ce schéma parce qu’ils n’en connaissaient pas d’autres (et, disons-le clairement, parce que cela les arrangeait).

Sans aller en profondeur dans l’analyse de l’évolution des rapports hommes/femmes et sans tenter des explications sociologiques qui pourraient justifier ce désengagement des hommes dans leur rôle de père, le fait est que les choses changent.

On nous parle beaucoup des « nouveaux pères », ces créatures incroyables et mystérieuses qui changent les couches (et adorent ça, surtout quand il s'agit de notre nouvelle couche lama !) se lèvent la nuit, s’occupent des sorties d’école ou préparent à manger. Etrangement, il ne vient jamais à l’esprit de personne de féliciter une femme parce qu’elle s’occupe de son enfant. Mais la société, les autres hommes, la maitresse des enfants, leur pédiatre, les autres mères même : tout le monde s’accorde à dire que ces papas là sont vraiment formidables.

Alors oui, ils sont formidables, il n’y a aucun doute là dessus. Mais ce qu’ils font est en réalité parfaitement NOR-MAL. Il n’est gravé dans le marbre d’aucune montagne une inscription en lettres d’or indiquant que ce sont les femmes qui doivent s’occuper des enfants, de l’intendance et tout cela en plus de leur travail.  

Un homme qui va s’occuper de ses enfants parce que sa femme a un rendez-vous professionnel ou parce qu’elle a simplement une sortie entre amies, ne « garde » pas ses enfants. Il est leur père, tout simplement.

Trouver le juste équilibre

Lorsque mon fils est né, j’ai découvert mon nouveau rôle de mère en même temps que mon mari a découvert son nouveau rôle de père. Je n’étais pas mieux armée que lui pour donner le bain, rassurer, cajoler ou même changer une couche. D’ailleurs, à ce propos, je me rappelle très bien avoir appelé une puéricultrice à la rescousse au beau milieu de la nuit pour changer la première couche ! Nous avons tâtonné tous les trois puis pris nos marques au fil des jours et des semaines. Quand j’allaitais, mon mari se levait la nuit pour aller chercher notre fils dans son lit et me l’apporter. Il faisait les mêmes choses que moi, à sa manière à lui. Ce n’était ni mieux, ni moins bien et surtout ce n’était pas « extraordinaire ».

Chez nous il n’a jamais été question de compter les points, de dire « tu fais ça alors moi je fais ça ». L’équilibre s’est fait tout naturellement. Il n’aime pas couper les ongles de notre fils, je n’aime pas donner le bain. Je fais la cuisine, il fait la vaisselle. Il fait tout le repassage et nous faisons les courses ensemble. Si notre fils est malade et qu’il faut prendre une journée, nous alternons. Son épanouissement professionnel n’est pas et ne sera jamais plus important que le mien. Je mesure pourtant la chance qui est la mienne car, même autour de moi, je vois beaucoup de pères moins investis. Des papas qui attendant qu’on les félicite parce qu’ils sont simplement…des papas !

Tuons la « charge mentale » !

Pour autant, il est important de ne pas entrer dans une guerre de l’égalité. Je dis souvent merci à mon mari lorsqu’il fait quelque chose à la maison que je n’avais pas envie ou le temps de faire. Je lui dis merci s’il a emmené notre fils chez le pédiatre parce que j’étais retenue au travail. Pas parce que je considère qu’il a fait quelque chose de formidable mais simplement parce que nous fonctionnons ainsi. Il n’attend pourtant ni remerciements ni louanges, pas plus que moi si la situation est inversée. J’ai simplement envie que notre fils voit que la relation entre ses parents est équilibrée et respectueuse

Et c’est aussi aux femmes de travailler à faire changer les choses. Il est absolument vain de se plaindre de la fameuse et très à la mode « charge mentale » mais ne pas laisser son compagnon faire à sa manière parce qu’il « ne fait pas comme il faut ». Les hommes ont encore beaucoup de chemin à faire mais Rome ne s’est pas faite en un jour, n’est-ce pas ? Le partage équilibré de l’éducation des enfants devrait être la norme. A nous de faire en sorte qu’il le devienne, notamment en éduquant nos petits garçons autrement !

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