"Allaiter a été magique même si cela ne s'est pas déroulé comme dans mes rêves"

29 septembre 2022

Par Morganne.

Maman de 2 enfants.

Je n’ai allaité ma fille que 2 mois. 2 mini mois qui m’ont paru si courts, si rapides. Au départ j’ai cru à un vrai bonheur… Allaiter mon enfant, une chose assez incroyable pour moi qui croyait que je ne pourrai jamais donner la vie vu mon parcours si chaotique pour devenir mère. Alors nourrir ma propre fille m’a réjoui, mais le donner sur une période si courte m’a fait douter de moi. Et la frustration s’est installée peu à peu, tout comme le doute d'être capable d'assurer son bien-être…

Allaiter ma fille a été une décision naturelle

Je n’avais même pas imaginé 2 secondes envisager le lait maternisé. L’allaitement s’est d’ailleurs mis en place de manière vraiment naturelle car à peine née, Charlotte a tout de suite cherché à téter.

Quelle joie pour moi qui avait tant lutté avec mon premier fils. L’allaitement avait été une épreuve pénible à mettre en place pour lui et moi, et nous avions lutté ensemble pour que cela ne dure pas qu'une ou 2 semaines. 2 ans plus tard, je réussis à allaiter sans complication. Contrairement à son frère, Charlotte accepte (goulûment) de se nourrir au sein, mais ce temps d’allaitement ne durera pas aussi longtemps que je l’avais prévu.

A peine 2 mois d’allaitement

Un mois après avoir commencé l’allaitement exclusif, j’avais l’impression que tout se déroulait comme sur des roulettes. Charlotte mange avec appétit, réclame souvent, mais... tellement que je n’arrive pas à suivre ce rythme effréné.

La fatigue s’accumule, les nuits sont extrêmement courtes, la frustration s’installe chez moi. Je pleure. Je ne comprends pas pourquoi je suis incapable de suivre ce mini moi qui ne demande qu'a mangé avec plaisir. Mon lait est-il assez nourrissant ? Pourquoi est-elle au sein tout le temps ? Pourquoi n’arrive-t-elle pas à espacer les tétées ? Le stress monte, je me demande pourquoi je n’arrive pas à gérer des tétées plus espacées. J’ai l’impression qu’elle n’est jamais rassasiée. Verdict chez le pédiatre : "il va falloir commencer à mixer entre allaitement maternel et biberon de lait infantile Madame. Vous n’allez pas tenir. Votre corps ne produit pas assez de lait pour répondre convenablement à la demande de votre fille".

Je sors du cabinet en pleurant. Je suis épuisée. Je serre les dents. Je vois ma fille babiller avec le sourire dans la poussette. “Excuse-moi ma belette, je n’y arrive pas. Excuse-moi". C’est tellement dur de se dire que son corps ne veut pas faire le nécessaire. Je me sens nulle, nulle comme mère nourricière, nulle comme mère tout court. Je ne suis pas capable de nourrir ma fille comme il le faut. Mais il faut passer aux biberons. Soit, si c’est pour son bien, je ferai tout ce qu’il faut, je donnerai tout pour que ma fille soit nourrie convenablement et rassasiée. Mais pour moi c’est un coup dur. Je m’y fais.

Décidément, ce corps m'en aura fait baver. Des années pour avoir le droit de devenir maman et maintenant une rébellion de ce dernier contre mon désir profond d'allaiter plus longtemps.

Entre allaitement mixte et biberon

Charlotte semble arriver à espacer ses prises. Quel bonheur. On la sent rassasiée. Même si les tétées au sein sont de plus en plus rares, elles restent un partage intense de l’avoir contre moi dès qu’elle le prend. Ce peau à peau me fait du bien, je fais tout pour qu’il dure, pour que l’on reste en connexion car j’ai l’impression que les biberons peuvent m’éloigner d’elle et cette séparation m'effraie. Mais les biberons permettent à mon conjoint de prendre le relais quand je suis absente ou bien avec l’aîné. Ainsi qu'à ses grands-parents de partager avec elle ce que vit tous les jours : le bonheur de voir une bouille prendre plaisir à manger, à se coller contre vous pour se faire câliner, et laisser une délicate tâche de lait sur votre plus beau top quand vient le rot....

Ne pas avoir su allaiter plus longtemps pour moi restera tout de même un demi échec

Même si cette période restera gravée en moi : j’ai pu donner le sein, un peu, certes, mais assez pour me dire que j’ai eu la chance de partager cela avec elle.

Alors peu importe le temps que l’on allaite, peu importe le temps que vous avez choisi de le faire, le principal c’est d’avoir vécu à fond cette période si précieuse et qui n'appartient rien qu’à vous et à bébé. Le principal c’est de se faire des souvenirs et de conserver en soi les instants incroyables passés à 2. Peu importe que l’allaitement ait durer 1, 2, 6, 8 mois…